Qu’est-ce que la résilience ?

La vie n’est pas un long fleuve tranquille !

Le stress, les difficultés, les traumatismes, les pertes… font inévitablement partis de la vie. D’ailleurs, il paraît que 75 % des gens vivent au moins un traumatisme majeur au cours de leur vie (perte d’un être cher, maladie, divorce, catastrophe naturelle).

Aussi, 38 % des Français estiment que leur niveau de stress a plutôt augmenté ces dernières années. Le Dr Stéphane Locret remarque que « les jeunes générations sont plus stressées qu’autrefois : 46 % des 24-34 ans disent que leur niveau de stress a augmenté ces trois dernières années contre 30 % des plus de 65 ans».

Peut-on tirer profit des épreuves ?

Les recherches en psychologie positive mettent en évidence que les traumatismes vécus peuvent être bénéfiques à notre développement personnel. Les chercheur Richard Tedeschi, Lawrence Calhoun, William Sledge et Stephen Joseph ont par exemple interviewé des personnes qui ont vécu des traumatismes forts (veuves, invalides, prisonniers de guerre, survivants de naufrages) et ils ont constaté que bon nombre d’entre elles signalent des bénéfices à leur traumatisme. Ils en ont donc conclu qu’environ la moitié ou plus des survivants de traumatismes verront des changements positifs survenir en eux-mêmes.

« L’adversité, comme le sable qui crée la perle, est souvent ce qui pousse les gens à devenir plus fidèles à eux-mêmes, à relever de nouveaux défis et à voir la vie dans une perspective plus large. »

Stephen Joseph, What Doesn’t Kill Us: The New Psychology of Posttraumatic Growth

Stefen Joseph a quant à lui étudié des gens qui avaient survécu au naufrage du Herald of Free Enterprise en 1987. Trois ans après le naufrage, 46 % d’entre eux ont déclaré que leur vie avait changé pour le pire – et 43 % ont dit qu’elle avait changé pour le mieux.

Parfois, le traumatisme n’a même pas à nous affecter directement pour inspirer le changement. Après les attentats terroristes du 11 septembre, une étude a révélé que 58 % des personnes ont déclaré des bénéfices tels que : des relations plus étroites et des liens sociaux, un sens plus fort de la religion et plus de patriotisme. Une autre étude a constaté une hausse des vertus comme la gratitude, l’espoir, la gentillesse, le leadership, l’amour, la foi et le travail d’équipe après le 11 septembre.

Qu’est-ce que la résilience ?

Psychology Today défini la résilience ainsi : « La résilience est cette qualité ineffable qui permet à certaines personnes d’être renversées par la vie et d’en ressortir plus fortes que jamais. Plutôt que de laisser l’échec les vaincre et épuiser leur détermination, elles trouvent un moyen de se relever de leurs cendres. »

En un mot, la résilience peut être définie comme la capacité – et la tendance – à « rebondir ». « Capacité de rebondir face à des expériences émotionnelles négatives et par une adaptation flexible aux exigences changeantes des expériences stressantes. » Togage et Fredrickson

Résilience et cran

La résilience est aussi souvent utilisée de façon interchangeable avec le cran / la ténacité mentale.

Le cran ou ténacité mentale est « un trait de personnalité qui détermine en grande partie la façon dont les personnes font face au stress, à la pression et au défi, quelles que soient les circonstances » (Strycharczyk, 2015). C’est en partie de la résistance (optimisme et prédisposition au défi et au risque), en partie de la confiance, et c’est ce qui permet aux gens de prendre tout ce qui vient à bras ouverts, en mettant l’accent sur ce qu’ils peuvent apprendre et tirer de l’expérience.

Bien que l’association avec la résilience soit compréhensible, il est également facile de voir où ils diffèrent : la résilience est ce qui aide les gens à se remettre d’un revers, mais le cran ou la ténacité mentale peut aider les gens à éviter un revers en premier lieu.

Comme le dit Doug Strycharczyk, « toutes les personnes mentalement tenaces sont résilientes, mais toutes les personnes résilientes ne sont pas nécessairement tenaces mentalement »

Résilience et rigueur

Un autre synonyme couramment utilisé pour la résilience est la rigueur mais la rigueur est-elle vraiment synonyme de résilience ?

Selon l’organisation Building Learning Power du professeur Guy Claxton, la rigueur n’est pas seulement synonyme de résilience :

« La rigueur, très étudiée par Angela Duckworth, se définit comme la tendance à maintenir l’intérêt et l’effort vers des objectifs à long terme. Elle est associée à l’autogestion et au report de la gratification à court terme. »

La résilience est définie de façon plus étroite, bien qu’elle soit liée aux mêmes expériences, habiletés et compétences. Une façon simple de voir les différences entre la résilience et la rigueur, c’est que la résilience renvoie plus souvent à la capacité de rebondir à la suite de luttes à court terme, alors que la rigueur est la tendance à s’en tenir à quelque chose de long terme, peu importe à quel point il est difficile ou combien d’obstacles vous rencontrez.

Résilience et endurance

Un autre concept semblable à la résilience est l’endurance mentale. L’endurance mentale désigne la force mentale ou intérieure que nous utilisons pour faire face à nos défis.

Il faut de la volonté, de l’autodiscipline et de la persévérance pour développer et maintenir une endurance mentale (Sasson, s.d.). Bien qu’il ne s’agisse pas spécifiquement de « rebondir » après un traumatisme ou une adversité, il est lié dans le sens que les deux traits nous aident à faire face à des difficultés dans nos vies.

Endurance et courage

Enfin, il y a le courage, le dictionnaire de Merriam-Webster définit le courage comme « une force d’esprit qui permet à une personne de faire face au danger ou de supporter la douleur.»

Qu’apprend-on suite à des traumatismes ?

Grâce à leurs recherches, dont plus de 600 entrevues personnelles, Tedeschi et Calhoun ont identifié les cinq principales façons dont les gens ont tendance à grandir après l’adversité :

  1. Plus de force intérieure : les survivants de traumatismes peuvent devenir plus forts et plus sages après avoir surmonté une si grande difficulté dans leur vie. Ils se sentent plus compétents et plus déterminés à réussir; ils savent qu’ils peuvent faire face à ce que la vie leur apporte.
  2. Plus d’ouverture aux nouvelles possibilités : le traumatisme bouleverse notre vision du monde, il nous permet de découvrir de nouvelles voies, de nouveaux objectifs et de nouveaux buts dans la vie.
  3. Des relations plus solides : Après avoir vécu une expérience aussi éprouvante, nous pouvons commencer à mieux apprécier les bonnes choses de notre vie, y compris les relations. Nous pouvons aussi développer une vision plus bienveillante des autres et leur offrir plus de compréhension, de tolérance, d’empathie et de compassion. L’adversité peut nous pousser à consacrer plus de temps à nos relations et à en créer de nouvelles.
  4. Plus d’appréciation de la vie : Le traumatisme peut nous apprendre combien la vie est précieuse et nous inciter à ne pas la tenir pour acquise. Nous pouvons commencer à voir chaque jour comme un cadeau et savourer des moments quotidiens, des plaisirs que nous n’avions pas remarqués auparavant. Nous pouvons devenir plus conscients et plus présents, vivant chaque jour comme si c’était notre dernier et ne pas trop nous inquiéter de l’avenir. Nos priorités peuvent changer et nous pouvons acquérir un nouveau sens de ce qui est important dans la vie. « Ceux qui survivent à des expériences traumatisantes ont, par définition, survécu. Et étant donné qu’ils sont si près de la mort, qu’ils ont perdu tellement de choses qu’ils tenaient pour acquises, ils comprennent à un niveau beaucoup plus profond, d’une manière beaucoup plus éclairée, ce que cela signifie d’être en vie », écrit Jim Rendon dans Upside : The New Science of Post-Traumatic Growth
  5. Une spiritualité plus forte : les survivants de traumatismes qui acceptent ce qui s’est passé peuvent se retrouver avec une spiritualité plus forte ou un lien plus étroit avec Dieu.

Pour que ce genre de changement se produise, le traumatisme doit être suffisamment grave pour embrouiller nos croyances et nos suppositions antérieures sur le monde. Il est impossible de continuer à vivre comme avant, et le changement se produit alors que nous essayons de trouver une nouvelle voie à suivre.

«Après une telle expérience, les gens ne peuvent éviter de se rendre compte que la vie est intrinsèquement incertaine, imprévisible et incontrôlable, et que les êtres humains sont vulnérables et fragiles. Cette prise de conscience peut être l’essence de la croissance post-traumatique sous toutes ses formes.» Stephen Joseph

Vous l’aurez compris, dans certains cas les épreuves nous permettent d’apprendre et de progresser. La résilience est donc une capacité indispensable qui nous permet de faire de ses épreuves des forces, voir même des opportunités ! Découvrez dans cette article comment développer sa résilience au quotidien

Sources et lectures complémentaires

Tout savoir sur la résilience
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